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Comment les enseignes capitalisent sur le phygital pour doper leurs ventes et renforcer la proximité client

Comment les enseignes capitalisent sur le phygital pour doper leurs ventes et renforcer la proximité client

Comment les enseignes capitalisent sur le phygital pour doper leurs ventes et renforcer la proximité client

Phygital : pourquoi les enseignes n’ont plus le choix

Longtemps, le débat a opposé commerce physique et e-commerce. Cette frontière est désormais dépassée. Le client ne raisonne plus en canal mais en expérience globale. Il cherche la simplicité, la rapidité… et la relation humaine, sans distinction entre écran et magasin.

C’est précisément ce que recouvre le phygital : l’intégration fluide du digital dans le parcours en point de vente, et du physique dans le parcours en ligne. Un enjeu qui ne relève plus du « nice to have » mais du moteur de croissance.

Selon plusieurs études sectorielles, plus de 70 % des parcours d’achat démarrent aujourd’hui en ligne, même lorsque la vente se conclut en magasin. À l’inverse, les visites en point de vente continuent de générer un panier moyen plus élevé que sur le web, grâce au conseil et à l’impulsion.

Les enseignes qui performent sont celles qui ont cessé d’opposer ces deux mondes pour en faire un levier commun : doper les ventes et renforcer la proximité client, en capitalisant sur le meilleur de chacun.

Click & Collect, ship-from-store : quand le magasin devient mini-entrepôt

Premier terrain de jeu du phygital : la logistique. Depuis le Covid, le Click & Collect s’est imposé comme un standard. Mais les enseignes les plus avancées vont beaucoup plus loin en transformant leurs magasins en hubs logistiques.

Deux grandes pratiques se démarquent :

Les bénéfices business sont immédiats :

Un directeur d’enseigne équipement de la maison résumait récemment l’impact : « 30 % des clients Click & Collect repartent avec au moins un article supplémentaire. » Dans son réseau, cette simple mécanique a fait gagner plusieurs points de chiffre d’affaires par magasin pilote.

Ce modèle suppose toutefois :

En clair : sans socle omnicanal robuste, le phygital reste une belle promesse… difficile à tenir sur le terrain.

Prise de rendez-vous, visio, chat : le vendeur sort du magasin

Deuxième mouvement fort : l’« extension » du vendeur en dehors de son périmètre physique. Là encore, le digital n’efface pas le rôle humain, il l’amplifie.

Plusieurs formats se démocratisent :

Dans une chaîne d’ameublement, la mise en place de rendez-vous visio pour les projets de cuisine a, selon la direction, augmenté de 20 % le taux de transformation par rapport aux demandes traitées uniquement par e-mail. Le client visualise son projet, partage son plan en direct, obtient un chiffrage instantané et peut ensuite finaliser en magasin ou à distance.

Côté relation client, ces dispositifs présentent plusieurs avantages :

Mais pour générer réellement du business, quelques bonnes pratiques s’imposent :

Bornes, apps, QR codes : un magasin augmenté plutôt que suréquipé

Sur le terrain, le phygital se voit. Bornes interactives, QR codes, tablettes vendeurs, écrans dynamiques… Le risque ? Tomber dans la « déco digitale » qui n’apporte rien au panier moyen ni à la satisfaction client.

La question à se poser avant tout déploiement est simple : « Est-ce que cet outil va aider le client à acheter plus vite, mieux, ou avec plus de plaisir ? »

Les dispositifs qui fonctionnent le mieux sont ceux qui répondent à des irritants concrets :

Dans une enseigne de mode, l’introduction de QR codes menant aux avis clients a, selon le service marketing, réduit de 15 % le taux d’abandon sur certaines catégories jugées « techniques » (sous-vêtements sculptants, chaussures de marche…). Les clients hésitaient moins une fois rassurés par des retours similaires à leur profil.

Encore une fois, la technologie doit rester au service des équipes :

Un magasin suréquipé mais mal synchronisé avec le digital peut générer plus de frustration que de valeur.

Data omnicanale : le vrai carburant du phygital

Le phygital ne se résume pas à des bornes ou au Click & Collect. Son vrai potentiel se révèle lorsque les données circulent entre les canaux et sont exploitées pour personnaliser la relation.

Pour le client, cela se traduit par :

Côté enseigne, trois briques clés se dessinent :

Un retailer beauté qui a connecté ses tickets de caisse à son programme de fidélité et à son CRM digital a pu lancer des scénarios simples mais efficaces :

Résultat communiqué par l’enseigne : des taux d’ouverture supérieurs de 30 % lorsque la communication est signée d’un magasin identifié, plutôt que de la « marque globale ». Le lien local reste un atout, même dans le digital.

Phygital et proximité : le local revient au centre

Le phygital est souvent associé aux grands réseaux, aux apps sophistiquées et aux gros budgets IT. Pourtant, certaines initiatives les plus efficaces pour renforcer la proximité client restent très « terrain », même si elles s’appuient sur le digital.

Quelques exemples observés dans le retail :

Dans une chaîne de sport, l’animation de comptes Instagram par magasin, centrés sur les communautés locales (clubs, événements, portraits de coachs) a permis de doper le trafic sur certaines périodes clés. Les stores qui publiaient régulièrement voyaient une corrélation nette entre les pics d’engagement social et la fréquentation en magasin lors des opérations.

Pour que cette proximité reste maîtrisée, les enseignes gagnent à :

Former les équipes : condition sine qua non du succès phygital

Les meilleurs dispositifs phygitaux échouent souvent sur un point : l’adhésion des équipes. Un vendeur qui ne croit pas à l’outil ne le proposera pas. Un manager qui ne comprend pas les indicateurs ne les pilotera pas.

Les enseignes qui réussissent leur virage phygital ont généralement mis en place :

Un directeur de réseau mode résumait ainsi le changement de posture : « On a arrêté de parler de chiffre d’affaires magasin vs site. On parle de chiffre d’affaires client. Peu importe où il paie, tant qu’il reste chez nous. » Cette évolution culturelle reste, pour beaucoup d’enseignes, le vrai chantier.

Phygital : par où commencer (ou accélérer) ?

Pour les enseignes qui se demandent comment structurer leur feuille de route, quelques étapes clés se détachent des retours d’expérience terrain.

1. Cartographier le parcours client actuel

2. Prioriser 2 ou 3 chantiers à fort ROI

L’idée n’est pas de tout faire tout de suite, mais de se concentrer sur des leviers qui auront un impact direct sur le chiffre d’affaires ou la satisfaction.

3. Aligner les indicateurs

Sans pilotage, difficile de démontrer la valeur du phygital en interne… et donc de maintenir l’investissement dans la durée.

À retenir : les 5 règles d’or du phygital rentable

Pour résumer les retours de terrain, cinq principes s’imposent dans les enseignes qui tirent réellement parti du phygital :

Dans un contexte où le client compare, zappe et arbitre en quelques clics, les enseignes qui sauront orchestrer intelligemment leurs atouts physiques et digitaux prendront une longueur d’avance. Non pas en surenchérissant sur la technologie, mais en mettant le phygital au service de ce qui fait, au fond, la force du commerce : la capacité à créer une relation durable, utile… et rentable.

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