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Comment les marques utilisent la data pour personnaliser la relation consommateur et augmenter la valeur client

Comment les marques utilisent la data pour personnaliser la relation consommateur et augmenter la valeur client

Comment les marques utilisent la data pour personnaliser la relation consommateur et augmenter la valeur client

La promesse est séduisante : parler à chaque client comme s’il était unique, au bon moment, sur le bon canal, avec la bonne offre. Derrière cette promesse, il y a un moteur discret mais redoutablement efficace : la data. Bien utilisée, elle permet de personnaliser la relation, d’augmenter la fréquence d’achat, le panier moyen et, au final, la valeur client. Mal utilisée… elle agace, fait fuir et abîme la marque.

Comment les enseignes et les marques s’y prennent-elles concrètement ? Quelles données collecter, comment les exploiter, et avec quels résultats business à la clé ? Plongée dans les coulisses d’une personnalisation qui n’est plus un « nice to have », mais un levier de performance.

Pourquoi la personnalisation est devenue un enjeu business majeur

Les attentes ont changé. Le client compare désormais chaque expérience à celles proposées par Amazon, Netflix ou Spotify. Il ne comprend plus qu’une enseigne, chez qui il dépense plusieurs centaines d’euros par an, continue à lui envoyer des offres génériques qui ne le concernent pas.

Quelques repères qui expliquent l’accélération :

Dans ce contexte, la data n’est plus seulement un outil de reporting marketing. Elle devient le socle de la relation client : sans données fiables, impossible de personnaliser de manière pertinente.

Quelles données les marques exploitent-elles vraiment ?

Les enseignes parlent beaucoup de data, mais toutes ne partent pas du même point. On peut distinguer trois grands blocs de données qui permettent de construire une personnalisation solide.

1. Les données transactionnelles

Ce sont souvent les plus simples à collecter, et les plus directement corrélées au chiffre d’affaires :

Un distributeur de bricolage utilise par exemple ces données pour identifier qu’un client qui a acheté une perceuse va probablement s’intéresser à des forets spécifiques dans les 30 jours, puis à des rangements ou des accessoires quelques semaines plus tard.

2. Les données comportementales

Ce sont celles qui renseignent sur le comportement réel du client, en dehors du passage en caisse :

Un acteur de la mode en ligne va, par exemple, détecter qu’une cliente consulte régulièrement des robes mais achète essentiellement des pantalons. Il pourra la cibler avec une sélection très courte de robes correspondant à ses tailles habituelles, plutôt qu’une newsletter catalogue de 40 produits.

3. Les données déclaratives et contextuelles

Ce sont les informations fournies volontairement par le client ou déduites de son contexte :

Dans la beauté, certaines enseignes invitent leurs clientes à remplir un diagnostic de peau ou de cheveux en ligne ou en magasin. Ces données, combinées aux achats, permettent de créer des routines personnalisées, de rappeler au bon moment le réachat d’un soin, ou de proposer un produit complémentaire réellement utile.

Des cas d’usage concrets qui impactent la valeur client

La personnalisation ne se résume pas à « mettre le prénom dans l’email ». Les marques les plus avancées travaillent sur des scénarios entiers, pensés pour augmenter la valeur client sur la durée.

Relances intelligentes des paniers abandonnés

Classique, mais toujours efficace quand c’est bien fait. Un pure player déco a par exemple révisé sa stratégie :

Résultat mesuré en interne : +18 % de récupération de paniers et une hausse significative du panier moyen sur les clients déjà engagés.

Recommandations produits personnalisées

C’est l’un des terrains de jeu favoris des retailers :

Un spécialiste du sport a constaté qu’en proposant systématiquement un pack « équipement complet » (chaussures + chaussettes techniques + sac + gourde) aux clients identifiés comme réguliers, il augmentait de plus de 25 % le panier moyen sur certaines catégories.

Programmes de fidélité et avantages dynamiques

Les programmes à points uniformes montrent leurs limites. Des enseignes basculent vers des mécaniques plus fines :

Une chaîne de cosmétique a, par exemple, mis en place un niveau VIP pour les clientes les plus actives, avec invitations à des ateliers privés et accès anticipé aux nouveautés. Sans changer profondément le barème de points, elle a augmenté de 15 % la récurrence d’achat sur cette cible à forte contribution.

Parcours omnicanal cohérents

La personnalisation prend tout son sens lorsqu’elle dépasse le canal unique. C’est là que les sujets d’organisation interne se posent réellement :

Dans l’équipement de la maison, une enseigne a par exemple équipé ses vendeurs d’une application leur présentant, avant chaque rendez-vous en magasin, le panier moyen, les catégories d’intérêt et les produits déjà consultés par le client sur le site. Résultat : des ventes additionnelles plus fréquentes et un taux de transformation en rendez-vous en hausse.

De la data brute à la personnalisation : par où commencer ?

La plupart des projets patinent non pas sur la technologie, mais sur la méthode. Les enseignes qui avancent le plus vite appliquent généralement quelques principes simples.

1. Partir d’objectifs business clairs

Avant de parler algorithmes, il faut répondre à une question : que veut-on améliorer en priorité ? Quelques objectifs fréquents :

Ces objectifs vont conditionner les données à prioriser, les scénarios à tester et les KPI à suivre.

2. Centraliser et nettoyer les données existantes

Avant de rêver à l’IA, beaucoup d’enseignes commencent par… supprimer les doublons et fiabiliser les bases :

C’est souvent l’étape la moins visible, mais elle conditionne la pertinence de tout ce qui vient ensuite. Mieux vaut moins de données, mais correctes, que des volumes massifs incohérents.

3. Construire des segments actionnables

La segmentation n’a pas besoin d’être ultra-sophistiquée pour générer de la valeur. Quelques segments types suffisent pour démarrer :

À l’intérieur de ces segments, des sous-groupes par catégorie d’intérêt, canal préféré ou sensibilité promotionnelle permettent d’affiner progressivement.

4. Tester, mesurer, ajuster

Les marques les plus matures avancent en mode test & learn :

Un distributeur textile a par exemple constaté que, pour certaines clientes, un email « éditorial » présentant 5 looks personnalisés sans remise fonctionnait mieux qu’un email très promotionnel. À l’inverse, pour un autre segment, seule une incitation prix déclenchait la visite. Sans tests, ces nuances seraient passées inaperçues.

Les pièges à éviter : trop de data tue la relation

Personnaliser ne veut pas dire tout collecter ni tout exploiter. La frontière entre « expérience utile » et « impression de surveillance » peut être fine.

La sur-sollicitation

Multiplier les messages parce que « la data permet de cibler finement » reste une erreur fréquente. Sans règle de pression marketing, certains clients se retrouvent avec :

… le tout sur 48 heures. Résultat : désabonnements, irritations, et image de marque dégradée. Les enseignes avancées fixent des plafonds de contact par semaine et par canal, ajustés selon l’engagement réel du client.

Une personnalisation hors sujet

Une personnalisation perçue comme « intrusive » ou « à côté de la plaque » peut être pire qu’un message générique :

D’où l’importance de tenir compte aussi des signaux négatifs (produits peu utilisés, retours, avis défavorables) et de donner au client des moyens simples d’ajuster ses préférences.

RGPD, consentement et confiance : le socle indispensable

Impossible de parler data sans évoquer le cadre légal et la perception client. Là aussi, les meilleures pratiques se clarifient.

Rendre le consentement compréhensible et utile

Plutôt que des cases à cocher obscures, certaines enseignes optent pour une transparence assumée :

Les taux d’opt-in ne s’effondrent pas pour autant, au contraire : lorsque la valeur est claire pour le client, il accepte plus volontiers de partager ses données.

Sécuriser et limiter les usages

La tentation peut être grande de multiplier les croisements de données. Le RGPD impose de respecter quelques principes : minimisation (ne collecter que ce qui est utile), durée de conservation limitée, sécurité des systèmes. Mais, au-delà de l’obligation légale, il y a un sujet de confiance.

De plus en plus de marques choisissent d’en faire un argument de communication : affichage des engagements sur la confidentialité, explication des traitements les plus sensibles, réponses rapides en cas de question. Dans des secteurs comme la santé, la banque ou l’assurance, cette pédagogie devient un différenciateur.

Comment embarquer les équipes terrain dans les démarches data

Une personnalisation réussie ne se joue pas uniquement au siège, entre la DSI et la direction marketing. Elle implique les vendeurs, les conseillers, le service client.

Rendre la data utile en magasin

Quand un vendeur consulte une fiche client sur sa tablette, la question clé est : « Qu’est-ce que ça m’apporte maintenant, dans cette interaction précise ? » Les enseignes qui réussissent se concentrent sur quelques informations clés :

Certains réseaux ont par exemple remplacé des fiches très complètes mais illisibles par un simple indicateur de potentiel client (bronze, argent, or) couplé à 2 ou 3 recommandations concrètes (« proposer tel service », « rappeler tel avantage »).

Former sur le « pourquoi » autant que sur le « comment »

Si les équipes terrain perçoivent la personnalisation comme un outil de flicage ou une usine à gaz, elles ne l’utiliseront pas. Les formations les plus efficaces insistent sur :

On observe que, lorsque les vendeurs comprennent comment les recommandations peuvent les aider à mieux servir le client, leur adoption des outils data grimpe nettement.

À retenir

La personnalisation par la data n’est pas réservée aux géants du digital. De nombreuses enseignes physiques, réseaux de franchises ou acteurs BtoB avancent pas à pas, avec des moyens raisonnables, dès lors qu’elles gardent en tête quelques lignes directrices :

En filigrane, une conviction se dessine : la data la plus puissante n’est pas forcément la plus sophistiquée, mais celle qui aide réellement la marque à mieux comprendre, servir et accompagner ses clients dans la durée. C’est là que se joue, très concrètement, l’augmentation de la valeur client.

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