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Comment les technologies immersives redéfinissent l’essayage et la démonstration produit en retail

Comment les technologies immersives redéfinissent l’essayage et la démonstration produit en retail

Comment les technologies immersives redéfinissent l’essayage et la démonstration produit en retail

Peut-on vraiment acheter un rouge à lèvres, un canapé ou une paire de sneakers sans les essayer ? Jusqu’ici, la réponse était plutôt non. Mais la réalité augmentée, la 3D et les jumeaux virtuels bousculent cet acquis. En magasin comme en ligne, l’essayage et la démonstration produit deviennent interactifs, personnalisés… et mesurables.

Pour les enseignes, l’enjeu est clair : réduire les retours, fluidifier le parcours d’achat et augmenter le panier moyen, sans exploser les coûts d’exploitation. Où en est-on vraiment sur ces usages immersifs ? Qu’est-ce qui fonctionne, qu’est-ce qui patine ? Et comment déployer ces solutions sans transformer le point de vente en showroom de science-fiction inutilisable par les équipes ?

De quoi parle-t-on ? Petit panorama des technologies immersives en retail

Derrière le terme générique de “technologies immersives”, on retrouve principalement trois briques qui impactent directement l’essayage et la démonstration produit :

Ces briques s’intègrent dans des formats concrets, déjà visibles dans de nombreuses enseignes :

L’enjeu n’est pas la technologie en soi, mais sa capacité à répondre à trois questions simples : est-ce que le client comprend mieux le produit, se projette mieux, et achète plus facilement ?

Pourquoi ces solutions décollent (enfin) dans le retail

Pendant longtemps, les dispositifs immersifs ont été perçus comme des gadgets marketing. Les choses changent dès lors que les KPI business suivent. Quelques ordres de grandeur observés dans le secteur :

Côté clients, les signaux sont tout aussi clairs :

Enfin, le coût d’entrée a fortement baissé : il est désormais possible de tester une solution d’AR sur un périmètre réduit (une catégorie, un magasin pilote) sans investir dans une refonte globale du SI.

Mode et beauté : l’atelier d’essayage se digitalise

C’est dans ces deux univers que les technologies immersives ont avancé le plus vite. La raison est simple : le besoin d’essayer est structurel, mais les retours produits sont coûteux.

Dans la beauté, L’Oréal, Sephora ou encore Nocibé proposent déjà :

Côté terrain, les retours sont parlants : les conseillères n’ont plus besoin de déballer et de désinfecter des dizaines de testeurs. Elles concentrent leur temps sur le conseil, tout en s’appuyant sur un simulateur précis du rendu.

Dans la mode, l’AR permet :

Dans plusieurs enseignes, les cabines équipées de miroirs numériques affichent les produits en différentes tailles et couleurs, suggèrent des compléments de tenue et simplifient l’appel vendeur. Le bénéfice ? Moins d’allers-retours en réserve, plus de ventes additionnelles et une expérience perçue comme premium.

Maison, sport, automobile : la démonstration produit change d’échelle

Pour les produits volumineux ou complexes, les technologies immersives ouvrent d’autres possibles. Il ne s’agit plus seulement d’essayer, mais de se projeter dans un usage.

Dans l’ameublement et la décoration :

Dans le sport, certains magasins testent :

Dans l’automobile, la VR est utilisée pour présenter :

Le vendeur devient alors un véritable “metteur en scène” des usages, et non plus uniquement un présentateur de catalogue papier ou de stock limité.

Quel impact sur le parcours client et les KPI du magasin ?

Intégrer l’immersion dans l’essayage et la démonstration produit bouleverse plusieurs étapes clés du parcours.

1. Avant la visite : l’AR et la 3D en e-commerce jouent un rôle de pré-sélection.

2. En magasin : les interfaces immersives deviennent des supports de vente.

3. Après l’achat : les retours produits sont un indicateur clé.

Les KPI les plus fréquemment suivis dans les déploiements matures sont :

Conditions de succès : ce que font les enseignes qui avancent

Sur le terrain, les déploiements qui fonctionnent ont rarement commencé par un “big bang”. Ils suivent plutôt une logique de test & learn encadrée. Quelques constantes ressortent.

1. Partir d’un irritant client bien identifié

Les projets réussis répondent à une douleur très concrète :

L’outil immersif est alors présenté comme une réponse directe à ce problème, plutôt que comme une animation gadget.

2. Impliquer très tôt les équipes magasin

C’est souvent le point faible. Les technologies immersives peuvent être vécues comme une contrainte supplémentaire : matériel à gérer, bugs, formation incomplète.

3. Soigner l’intégration avec les systèmes existants

L’expérience immersive doit être reliée à :

Sans cette intégration, le risque est de produire une expérience séduisante, mais déconnectée de la réalité opérationnelle.

4. Mesurer rapidement et objectivement

Les déploiements “pour l’image” sans analyse de performance ont du mal à survivre au-delà de la phase de communication.

Les pièges à éviter quand on se lance

Sur le papier, tout semble simple. Sur le terrain, certains écueils reviennent régulièrement.

Un point souvent sous-estimé : la maintenance. Un miroir connecté éteint en magasin envoie un signal catastrophique. Il faut prévoir :

Par où commencer concrètement ? Trois scénarios de déploiement

Pour une enseigne qui souhaite tester ces usages, trois trajectoires réalistes se dessinent.

Scénario 1 : le pilote catégorie unique

Objectif : se concentrer sur une famille de produits à fort enjeu (fort taux de retour, choix complexe, panier élevé).

Scénario 2 : l’expérience “phare” dans un flagship

Objectif : tester une expérience avancée dans un environnement contrôlé, avec des équipes très formées.

Scénario 3 : l’approche 100 % digitale

Objectif : pour les pure players, réduire la barrière de l’absence d’essayage.

À retenir : check-list pour un projet immersif orienté business

Avant de signer avec un fournisseur ou de lancer un appel d’offres, quelques questions simples à se poser en interne.

Les technologies immersives ne remplacent ni le produit, ni le vendeur, ni le magasin. Elles changent en revanche la manière de montrer, d’expliquer et de rassurer. Pour les enseignes qui arrivent à les intégrer dans un parcours fluide et utile, l’essayage et la démonstration produit cessent d’être des centres de coût pour devenir de véritables leviers de performance commerciale.

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