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Commerce responsable et attentes des consommateurs en matière de durabilité dans l’univers du retail

Commerce responsable et attentes des consommateurs en matière de durabilité dans l’univers du retail

Commerce responsable et attentes des consommateurs en matière de durabilité dans l’univers du retail

Le commerce responsable n’est plus un sujet d’image, c’est un sujet de business. Entre inflation, méfiance envers le greenwashing et durcissement réglementaire (loi AGEC, CSRD, affichage environnemental en ligne de mire), les enseignes n’ont plus vraiment le choix : il faut aligner promesses et réalité. En face, les consommateurs envoient des signaux parfois contradictoires : ils veulent plus de durabilité… mais restent ultra-sensibles au prix et à la praticité. Alors, que veulent-ils vraiment, et comment le retail peut-il s’adapter sans plomber ses marges ni son organisation ?

Ce que les consommateurs attendent vraiment, au-delà des slogans

Les études se succèdent et dessinent une tendance claire : la durabilité est devenue un critère de choix… mais pas le seul. Selon différentes enquêtes Kantar et OpinionWay, entre 60 et 75 % des consommateurs français déclarent tenir compte de l’impact environnemental dans leurs achats. Pourtant, dans l’acte réel, le trio prix / disponibilité / praticité reste déterminant.

Derrière ce paradoxe apparent, plusieurs attentes très concrètes émergent :

Autrement dit, les consommateurs n’attendent plus seulement « des produits verts », mais un parcours d’achat cohérent, lisible et crédible.

Commerce responsable : où en sont les enseignes du retail ?

Sur le terrain, de nombreuses initiatives existent déjà, mais elles restent souvent morcelées. Quelques tendances se détachent :

Mais sur d’autres aspects, l’écart avec les attentes reste fort :

Résultat : les consommateurs perçoivent bien des efforts, mais pointent aussi les contradictions. C’est là que se joue la crédibilité des enseignes dans les prochaines années.

Trois chantiers prioritaires à adresser en magasin

Pour les réseaux physiques, le point de vente reste le lieu clé pour rendre la durabilité tangible. Trois axes ressortent des retours d’expérience.

1. Rendre l’offre responsable visible et compréhensible

2. Structurer des services à valeur ajoutée

3. Outiller et former les équipes

Sur le terrain, ce sont les vendeurs et responsables de magasin qui portent – ou non – la crédibilité du commerce responsable. Sans eux, la meilleure stratégie RSE reste théorique.

E-commerce et omnicanal : la face cachée de la durabilité

Derrière la page produit « responsable », l’impact réel se joue aussi dans les choix logistiques et digitaux. L’omnicanal a un potentiel énorme de réduction d’empreinte… à condition de piloter quelques leviers clés.

Réduire l’empreinte de la livraison

Maîtriser les retours, véritable bombe carbone

Réduire l’impact du packaging

Quelques acteurs, comme Zalando ou Veepee, commencent à afficher l’impact approximatif de certaines options de livraison. À terme, cette transparence pourrait devenir la norme… et un critère de comparaison entre enseignes.

Mesurer, piloter, prouver : la data au service du commerce responsable

Sans mesure, pas de pilotage crédible. Les distributeurs les plus avancés ont engagé un chantier de fond : passer d’engagements généraux (« -30 % d’émissions d’ici 2030 ») à des indicateurs opérationnels par rayon, catégorie, canal.

Quelques métriques clés émergent :

À cela s’ajoutent les outils d’ACV (analyse de cycle de vie) produits, encore coûteux mais en voie d’industrialisation, portés par des start-up et par les industriels. L’enjeu pour les enseignes : rendre ces données actionnables pour les acheteurs, les category managers et les équipes terrain.

Concrètement :

L’objectif n’est pas d’atteindre la perfection d’emblée, mais de pouvoir arbitrer en connaissance de cause : quel est le coût réel (et le gain) d’une option plus vertueuse ? Où se situe le meilleur ROI environnement / business ?

Par où commencer ? Une feuille de route très opérationnelle

Pour les enseignes qui n’ont pas encore structuré leur démarche, l’enjeu est moins de lancer « un grand programme » que d’attaquer rapidement quelques chantiers concrets. Une approche pragmatique peut s’articuler en quatre étapes.

1. Cartographier son impact réel

2. Choisir quelques leviers à fort impact visible

3. Impliquer les équipes et les clients

4. Industrialiser ce qui fonctionne

Finalement, le commerce responsable devient un sujet de transformation opérationnelle, au même titre que l’omnicanal ou la data. Les enseignes qui réussissent sont celles qui le traitent comme tel : avec des KPI, des pilotes, des itérations… pas seulement avec un rapport RSE annuel.

À retenir : les 6 réflexes d’un retail vraiment responsable

Dans un contexte de pression réglementaire et de tensions économiques, la durabilité ne sera plus un « plus » marketing, mais un facteur clé de compétitivité. Les enseignes qui sauront aligner promesse, expérience client et performance opérationnelle prendront une longueur d’avance… et rendront le commerce réellement plus responsable, au quotidien.

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