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Les marketplaces comme leviers de croissance pour les commerçants à l’ère du commerce connecté

Les marketplaces comme leviers de croissance pour les commerçants à l’ère du commerce connecté

Les marketplaces comme leviers de croissance pour les commerçants à l’ère du commerce connecté

Pourquoi les marketplaces sont devenues incontournables pour les commerçants

En cinq ans, les marketplaces sont passées du statut de « canal complémentaire » à celui de véritable pivot de croissance pour de nombreux commerçants. En France, elles représentent déjà plus de 40 % du chiffre d’affaires e-commerce, avec une progression annuelle à deux chiffres selon la Fevad. Impossible de les ignorer lorsqu’on parle de commerce connecté.

Pour autant, se lancer sur Amazon, Cdiscount, ManoMano ou sur une marketplace spécialisée ne s’improvise pas. Marges, organisation interne, promesse client, gestion des stocks : l’impact est transversal. Les enseignes qui en tirent vraiment parti sont celles qui ont su intégrer la logique marketplace dans leur stratégie commerciale globale, et non comme un simple « canal de plus ».

Comment utiliser ces plateformes comme de véritables leviers de croissance, sans diluer sa marque ni exploser ses coûts ? C’est la question que se posent aujourd’hui aussi bien les indépendants que les réseaux d’enseigne ou les industriels en prise directe avec le consommateur.

Un tremplin de visibilité… et un laboratoire de marché

Premier atout évident des marketplaces : leur puissance d’audience. Là où un site marchand aura du mal à émerger sur Google, une fiche produit bien travaillée sur Amazon ou une marketplace sectorielle peut générer très vite des volumes significatifs.

Un responsable e-commerce d’un distributeur d’équipement maison résume : « Sur notre site, il nous fallait en moyenne 6 à 9 mois pour faire décoller une nouvelle catégorie. Sur les marketplaces, nous avons atteint un volume équivalent… en 6 semaines. »

Mais l’intérêt va au-delà du trafic :

Certains retailers utilisent d’ailleurs la marketplace comme un véritable laboratoire : ils y lancent un assortiment plus large que celui des magasins physiques ou du site propriétaire, puis rapatrient ensuite les références qui performent le mieux dans leur cœur de gamme.

À retenir : la marketplace est un canal de vente, mais aussi un outil d’étude de marché permanent, alimenté par des données clients extrêmement précises.

Des leviers de croissance multiples, du CA additionnel à l’export

Les commerçants qui réussissent sur les marketplaces n’ont pas tous le même objectif. En pratique, on observe quatre grands cas d’usage.

1. Générer du chiffre d’affaires incrémental

C’est l’usage le plus répandu : des marchands qui utilisent les marketplaces pour développer un volume additionnel sans cannibaliser (trop) leurs ventes directes. Un réseau de magasins de sport, par exemple, choisit de n’y proposer que :

Résultat : +18 % de chiffre d’affaires online en un an, sans remise en cause de la politique tarifaire en magasin.

2. Accélérer à l’international

Pénétrer un nouveau pays avec un site dédié, une logistique locale et des campagnes marketing coûteuses est souvent hors de portée pour des acteurs de taille moyenne. Les marketplaces, elles, ouvrent l’accès à l’export à moindre risque : traduction des fiches, moyens de paiement locaux, logistique parfois intégrée.

Exemple concret : un fabricant français de cosmétiques naturels a démarré en Allemagne et en Espagne exclusivement via Amazon et une marketplace beauté spécialisée. En deux ans, la part de l’international est passée de 5 à 22 % de son CA, avant même le lancement de sites locaux.

3. Valoriser une offre de niche

Les marketplaces sectorielles (bricolage, animaux, mode éthique, seconde main, produits locaux…) offrent un environnement particulièrement favorable aux acteurs positionnés sur une niche. La concurrence y est souvent plus qualitative mais moins massive que sur les « géants généralistes ».

Pour un petit acteur, c’est la possibilité de :

4. Préparer (ou compléter) une stratégie omnicanale

Pour certaines enseignes, la marketplace n’est qu’une étape d’une stratégie plus large : elles y testent leur capacité à gérer la vente à distance (prix, photos produits, retours, avis clients) avant de déployer un e-commerce propre, du click & collect ou du ship-from-store.

À retenir : il n’existe pas un seul « bon » usage de la marketplace. Le levier de croissance dépend du point de départ de l’enseigne, de ses moyens et de son niveau de maturité digitale.

Les limites à intégrer dès le départ : marges, dépendance, image de marque

Les marketplaces ne sont pas une solution miracle. Trois points de vigilance reviennent systématiquement dans les retours d’expérience.

1. Une pression forte sur les marges

Entre la commission de la marketplace, les frais de logistique éventuels (type FBA chez Amazon), les coûts de publicité interne à la plateforme et les retours produits, la facture peut être salée. Sur certaines catégories, la marge nette fond rapidement de 10 à 20 points.

Les marchands les plus aguerris appliquent plusieurs règles :

2. Un risque de dépendance business

Le scénario est connu : en deux ans, la marketplace devient le premier canal de vente, les investissements marketing sont concentrés dessus… puis un changement d’algorithme, de conditions générales ou une suspension de compte vient tout fragiliser.

Les enseignes interrogées fixent généralement un plafond de dépendance : par exemple, ne pas dépasser 30 à 40 % du CA e-commerce via un seul opérateur. L’objectif : garder la main sur sa relation client, sur ses données et sur sa capacité à pivoter en cas de problème.

3. Une dilution possible de l’identité de marque

Sur une marketplace généraliste, un commerçant est souvent perçu comme « un vendeur parmi d’autres ». L’expérience est d’abord celle de la plateforme, pas de la marque. Difficile dans ce contexte de raconter un univers, de valoriser un service ou de créer un attachement.

Pour limiter cette dilution, certaines marques :

À retenir : la marketplace doit rester un accélérateur, pas un substitut à la relation directe avec le client.

Structurer son organisation pour tenir la promesse marketplace

Vendre sur une marketplace ne se résume pas à « pousser un catalogue ». Les plateformes évaluent et mettent en avant les vendeurs sur la base de KPI très concrets : taux d’acceptation, délai d’expédition, taux de litiges, qualité du service client.

Ce qui change pour les équipes :

Un directeur d’enseigne qui a déployé la vente marketplace dans 50 de ses magasins résume : « Les équipes ont très vite compris que la marketplace n’était pas juste un plus. C’est une promesse opérationnelle à tenir au quotidien, sinon l’algorithme vous relègue au fond des résultats. »

À retenir : sans organisation robuste (stocks, logistique, SAV), la marketplace devient un amplificateur… de frustrations clients.

Optimiser sa performance : la fiche produit comme nouveau rayon

Sur une marketplace, votre « rayon » se résume en grande partie à une fiche produit. C’est elle qui doit convaincre un client déjà exposé à plusieurs alternatives similaires.

Les marchands performants travaillent systématiquement :

Certains acteurs vont plus loin et confient la gestion des contenus à une équipe dédiée « marketplace » ou à une agence spécialisée. L’objectif : harmoniser le discours, gagner en productivité sur la mise à jour des catalogues et optimiser en continu les performances.

À retenir : sur une marketplace, la fiche produit est une véritable « tête de gondole digitale ». Elle mérite le même soin qu’un plan merchandising en magasin.

Articuler marketplaces, site e-commerce et magasin : le casse-tête omnicanal

Là où la stratégie se complexifie, c’est lorsque l’enseigne est présente à la fois :

Plusieurs questions se posent très vite :

Les enseignes les plus avancées adoptent une logique de rôle par canal :

Dans cette approche, la question n’est plus « marketplace ou pas ? », mais « pour quoi faire ? » et « avec quelles règles de gestion communes à l’ensemble du dispositif omnicanal ? ».

Bonnes pratiques pour faire des marketplaces un vrai levier business

Au fil des retours d’expérience d’enseignes, de pure players et de marques qui ont déjà parcouru ce chemin, quelques recommandations reviennent systématiquement.

Les marketplaces ne sont ni l’ennemi à abattre, ni la solution miracle à tous les problèmes de trafic et de chiffre d’affaires. Utilisées avec lucidité, intégrées dans une stratégie omnicanale et pilotées comme un véritable centre de profit, elles peuvent en revanche devenir un accélérateur puissant de croissance, d’apprentissage marché et de transformation interne.

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