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L’impact des nouvelles réglementations sur le e-commerce et la data pour les acteurs du retail

L’impact des nouvelles réglementations sur le e-commerce et la data pour les acteurs du retail

L’impact des nouvelles réglementations sur le e-commerce et la data pour les acteurs du retail

Consentement, traçabilité, transparence des algorithmes, modération des contenus, sécurité des paiements… En quelques années, le cadre réglementaire autour du e-commerce et de la data s’est considérablement durci. Pour les acteurs du retail, ce n’est plus un sujet uniquement “juridique” : ces nouvelles règles redessinent très concrètement le marketing, l’animation commerciale, l’architecture IT… et les marges.

La bonne nouvelle ? Ceux qui anticipent ces contraintes en font un levier de confiance client et de performance. Les autres subissent : perte de reach, coûts de mise en conformité en urgence, ou sanctions.

Un contexte réglementaire qui change la donne pour le retail

Le e-commerce et la data ne sont plus une zone grise. En Europe, plusieurs textes structurent désormais le jeu :

Pour un retailer, cela se traduit par trois grandes questions :

À retenir : la réglementation n’est plus un sujet défensif. Elle influence directement la performance marketing, la conversion et la relation client.

Cookies, tracking et publicité ciblée : un nouveau contrat data avec le client

C’est le point le plus visible pour les équipes marketing : les règles sur les cookies et traceurs ont cassé le modèle du “je collecte tout, on verra plus tard”. Résultat :

Les sanctions CNIL contre plusieurs acteurs du retail et du e-commerce ont accéléré la prise de conscience : finir une campagne d’acquisition avec un contrôle de la CNIL en prime n’est pas un KPI enviable.

Face à cela, les enseignes les plus avancées ont changé de logique :

Un directeur e-commerce d’un grand réseau équipement de la maison résume ainsi : “Nous avons perdu 20 à 30 % de volume sur nos audiences de retargeting, mais nous avons gagné en qualité sur nos segments fidélité. En parallèle, nous avons renforcé l’email automation, ce qui a compensé une partie de la baisse.”

À retenir : moins de cookies ne signifie pas moins de data. Cela impose de recentrer la collecte sur les clients identifiés et sur des promesses de valeur claires.

Marketplaces, plateformes et DSA : transparence obligatoire

Le DSA cible d’abord les grandes plateformes, mais ses effets remontent jusqu’aux marchands qui y vendent. Pour le retail, trois impacts majeurs :

Un responsable marketplace dans la mode témoigne : “Nous avons dû revoir nos CGV vendeurs tiers, renforcer le KYC et mettre en place une équipe de modération produits. Cela a un coût, mais nous y gagnons en qualité de l’offre et en image.”

Côté marchands utilisant les grandes marketplaces comme Amazon, Cdiscount ou ManoMano, le DSA va aussi dans une direction : plus de visibilité sur les mécanismes d’algorithmes, moins d’opacité totale. Les enseignes qui sauront exploiter cette transparence (par exemple en adaptant leurs fiches produits aux critères de qualité) prendront l’avantage.

À retenir : le DSA oblige les retailers à documenter et assumer leurs choix de mise en avant produits. Ce n’est pas qu’un sujet pour les plateformes : tout moteur interne de recherche ou de recommandation est concerné.

De la collecte massive à la donnée utile : revoir sa stratégie data

Le RGPD a introduit deux principes que beaucoup de retailers ont encore du mal à traduire opérationnellement :

En pratique, cela se traduit par des chantiers très concrets :

Un exemple fréquent : le scoring d’appétence ou les segments “à risque de churn”. Très utiles pour le marketing, mais sensibles d’un point de vue RGPD (profilage). Les enseignes les plus matures :

À retenir : la conformité data bien gérée n’est pas un frein, mais un filtre : elle oblige à focaliser les efforts sur les données vraiment génératrices de valeur (fréquence, panier, canal préféré…) plutôt que sur une accumulation de signaux peu exploités.

Omnicanal, magasin et data : des usages à encadrer

L’impact des nouvelles réglementations ne se limite pas au e-commerce “pur”. Le magasin physique et l’omnicanal sont en première ligne.

Quelques cas récurrents :

Une directrice réseau dans la beauté raconte : “Nous avons refréné certains projets de reconnaissance visuelle en magasin, pourtant prometteurs, car nous n’étions pas en mesure de garantir un niveau de transparence suffisant pour les clientes. À la place, nous avons renforcé les parcours d’identification volontaire via l’appli et la carte de fidélité.”

À retenir : chaque nouveau service omnicanal (prise de rendez-vous, essai virtuel, personnalisation en magasin) est aussi un projet data. L’intégrer comme tel dès la conception évite les mauvaises surprises.

Six chantiers prioritaires pour les acteurs du retail

Comment passer de la contrainte réglementaire à un avantage compétitif ? Six chantiers se dégagent des retours de terrain.

À retenir : la mise en conformité ne se joue pas uniquement dans les textes de politique de confidentialité, mais dans les pratiques quotidiennes, du paramétrage des outils à la façon dont un vendeur collecte un email en caisse.

Transformer la contrainte réglementaire en avantage concurrentiel

Les nouvelles réglementations sur le e-commerce et la data ne vont pas disparaître, et les prochains textes (sur l’IA, la cybersécurité, l’environnement) ajouteront de nouvelles couches d’exigences. Attendre “que la poussière retombe” n’est plus une option.

Les enseignes qui tirent leur épingle du jeu ont un point commun : elles considèrent la conformité comme un levier business, pas comme un simple centre de coûts. Concrètement, cela se voit dans :

La question à se poser n’est donc plus “Comment éviter les sanctions ?”, mais plutôt : “Comment concevoir nos parcours e-commerce et omnicanaux pour qu’ils soient à la fois conformes, performants et générateurs de confiance ?”.

Pour les acteurs du retail, c’est aussi une opportunité de se différencier face aux géants du numérique : une relation plus humaine, plus transparente et plus maîtrisée avec la data peut devenir un argument puissant, en particulier dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’usage de leurs informations.

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