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Rôle de la voix et des assistants vocaux dans les parcours d’achat et la recherche produit

Rôle de la voix et des assistants vocaux dans les parcours d’achat et la recherche produit

Rôle de la voix et des assistants vocaux dans les parcours d’achat et la recherche produit

Dire « Ok Google, trouve-moi une perceuse sans fil à moins de 80 € » devient peu à peu aussi naturel que de taper sa requête sur un clavier. La voix s’invite dans les foyers via les enceintes connectées, dans les poches via les smartphones, et désormais dans les magasins via des bornes ou des applications dédiées. Pour les enseignes, la question n’est plus de savoir si la voix va peser dans les parcours d’achat, mais comment l’intégrer de manière utile, rentable et cohérente avec l’existant.

La voix, un réflexe de plus en plus naturel pour chercher un produit

Longtemps cantonnée aux usages « gadget », la recherche vocale s’installe dans le quotidien des consommateurs. Les études convergent : en France, près d’un internaute sur trois déclare utiliser la commande vocale au moins une fois par mois, principalement pour chercher une information simple, consulter la météo, lancer de la musique… et, de plus en plus, pour préparer ou déclencher un achat.

Pourquoi ce réflexe progresse-t-il ? Trois raisons majeures remontent dans les enquêtes terrain :

Dans la pratique, les usages liés au commerce restent encore concentrés sur quelques scénarios :

C’est peu par rapport au potentiel, mais suffisant pour commencer à transformer les parcours d’achat, surtout dans l’e-commerce et la grande distribution.

Assistants vocaux : où en est vraiment l’usage dans le commerce ?

Les assistants vocaux (Google Assistant, Alexa, Siri…) ont éclairé la rampe médiatique, puis sont un peu sortis des radars. Pourtant, sur le terrain, les usages se stabilisent et se professionnalisent.

Trois tendances se dessinent clairement :

Dans l’e-commerce, plusieurs acteurs constatent déjà que la recherche vocale représente une part croissante des requêtes internes, notamment sur mobile. Même si aujourd’hui, la majorité des achats se concluent encore par une interaction « classique » (clic, validation sur écran), la voix intervient en amont : inspiration, présélection, information.

Autrement dit, la voix influence le chiffre d’affaires, même lorsqu’elle n’est pas directement le canal de transaction.

Ce que change la recherche vocale dans le parcours d’achat

La recherche vocale n’est pas une simple variante de la recherche texte : elle modifie en profondeur la façon dont les clients formulent leurs besoins… et donc la façon dont les retailers doivent structurer leur offre et leurs contenus.

Trois impacts concrets se dégagent sur le parcours d’achat :

Des requêtes plus longues, plus naturelles

On ne parle pas comme on écrit. Là où un internaute taperait « perceuse sans fil 18v pas cher », il dira plutôt : « Quelle perceuse sans fil 18 volts tu me conseilles pour faire des petits travaux, mais pas trop chère ? »

Pour les équipes e-commerce et marketing, cela implique :

Une attente de réponse rapide et unique

Sur un écran, on scrolle, on compare, on filtre. À la voix, l’utilisateur attend une bonne réponse, ou un choix très limité. Les assistants vocaux renvoient rarement une liste de 20 produits.

Conséquence : la bataille se déplace vers la position zéro dans les résultats (la première réponse lue à voix haute), et vers la capacité du retailer à proposer une recommandation pertinente immédiatement.

Côté organisation, cela suppose :

Une nouvelle brique dans l’omnicanal

La voix ne remplace pas les autres canaux, elle les relie. Quelques exemples concrets observés chez des enseignes :

Dans chacun de ces cas, la voix devient un point de passage fluide entre le domicile, le mobile et le magasin. À condition que la donnée (profil, historique, listes, préférences) circule bien entre les systèmes.

Comment les retailers s’organisent : premiers retours de terrain

Côté enseignes, la voix a connu une première vague d’expérimentations parfois très visibles (skills Alexa, actions Google Assistant), souvent plus marketing que business. La deuxième vague, plus discrète, se joue désormais sur des usages intégrés et pilotés par la performance.

Quelques typologies de projets qui émergent :

Ce qui ressort des retours d’expérience :

En filigrane, une idée revient souvent : la voix n’est pas un gadget à confier uniquement à l’innovation, mais une brique à intégrer progressivement dans le socle omnicanal.

Cinq chantiers prioritaires pour préparer son commerce à la voix

Pour les retailers qui veulent passer du discours à l’action, cinq chantiers ressortent comme prioritaires, quels que soient la taille de l’enseigne ou le secteur.

1. Mettre à niveau sa donnée produit

La voix exacerbe un problème connu : si vos référentiels produits sont incomplets, incohérents ou mal structurés, l’assistant vocal sera incapable de répondre correctement.

2. Travailler le langage naturel des clients

Il ne suffit pas de deviner comment les clients parlent, il faut l’observer. Plusieurs enseignes ont commencé à :

Ce matériau alimente ensuite les modèles de reconnaissance, les arbres de décision conversationnels et les contenus vocaux.

3. Choisir des cas d’usage à forte valeur

Plutôt que de lancer « un assistant vocal de marque » sans périmètre clair, il est plus efficace de cibler 1 ou 2 cas d’usage prioritaires :

Un POC bien cadré sur un cas d’usage précis génère plus d’apprentissage – et de ROI – qu’un assistant généraliste sous-exploité.

4. Intégrer la voix aux parcours existants

La voix doit s’insérer dans des parcours déjà familiers aux clients :

L’enjeu : ne pas imposer la voix, mais la rendre disponible au bon moment, pour les clients qui en voient l’intérêt.

5. Mettre en place une vraie mesure de la performance

Comme pour tout canal, la voix doit être pilotée par la donnée. Quelques indicateurs pertinents :

Ce pilotage permet d’itérer rapidement sur les scripts, les contenus et les intégrations techniques.

Points de vigilance : data, éthique, expérience client

Derrière la promesse de simplicité, la voix soulève aussi des questions sensibles, que les enseignes ne peuvent plus ignorer.

Confidentialité et consentement

Un assistant vocal collecte des données potentiellement très personnelles : contexte de vie, habitudes, parfois voix d’enfants. Les utilisateurs sont de plus en plus vigilants sur ces aspects.

Transparence sur la recommandation

Quand un assistant vocal propose « le meilleur produit », sur quels critères se base-t-il ? Le moins cher, le plus vendu, celui avec la meilleure marge pour l’enseigne ? À la voix, ces arbitrages sont moins visibles que sur une page de résultats.

Pour préserver la confiance, plusieurs bonnes pratiques émergent :

Qualité de l’expérience vocale

Un assistant qui ne comprend pas la moitié des demandes, qui répond à côté ou qui oblige à épeler trois fois sa référence produit génère plus de frustration que de valeur.

À retenir

La voix et les assistants vocaux s’installent progressivement dans les parcours d’achat et la recherche produit, sans révolution spectaculaire, mais avec un impact réel sur la façon dont les clients expriment leurs besoins.

Pour les retailers, le sujet n’est plus de savoir si les clients parleront à leurs marques, mais de décider, dès maintenant, de quoi ils pourront leur parler, comment l’enseigne leur répondra… et avec quels résultats sur le terrain, en chiffre d’affaires, en productivité et en satisfaction client.

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