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Stratégies omnicanales pour réduire la friction entre online et offline et fluidifier le parcours d’achat

Stratégies omnicanales pour réduire la friction entre online et offline et fluidifier le parcours d’achat

Stratégies omnicanales pour réduire la friction entre online et offline et fluidifier le parcours d’achat

Un client repère un produit sur Instagram, le met dans son panier sur le site, passe en magasin pour le voir, reçoit une promo par email… et abandonne son achat parce qu’on lui redemande trois fois les mêmes infos et que le produit n’est pas disponible là où il se trouve. Ce scénario, vous le connaissez sans doute trop bien.

Entre online et offline, la promesse d’un parcours fluide se heurte encore souvent à la réalité des systèmes, des organisations et des habitudes. Pourtant, chaque friction est une opportunité ratée de transformer une intention en vente – et surtout de fidéliser.

Comment passer d’une juxtaposition de canaux à une vraie expérience omnicanale, simple et sans couture pour le client comme pour les équipes terrain ? Tour d’horizon des leviers concrets à actionner.

Cartographier les frictions avant de lancer de grands chantiers

Avant de parler outils ou architectures IT, une étape est souvent sous-estimée : identifier précisément où le parcours se casse aujourd’hui. Pas en théorie, mais dans les faits.

Les irritants reviennent souvent :

Les enseignes qui avancent le plus vite commencent par un diagnostic très opérationnel :

Un acteur de l’équipement de la maison a ainsi identifié que 35 % des appels au service client concernaient… des produits « vus en ligne » mais « introuvables en magasin ». Le premier chantier n’a pas été de lancer une nouvelle app, mais d’harmoniser les référentiels produits et les règles de disponibilité entre canaux.

Unifier les données produits : la base d’un parcours sans rupture

Impossible de fluidifier le parcours si les informations de base – produits, prix, disponibilité – ne sont pas alignées entre site, app et magasin.

Trois briques sont clés :

Une enseigne de prêt-à-porter évoquait un gain de +2 points de taux de transformation e-commerce après la mise en place d’un stock unifié permettant d’afficher en temps réel la disponibilité par magasin, mais aussi de proposer l’expédition depuis point de vente (ship-from-store) pour éviter des ruptures sur l’entrepôt central.

À retenir :

Faire du magasin un hub de services omnicanal

Longtemps, le magasin a été pensé comme un canal à part, avec ses propres objectifs. Dans une approche omnicanale, il devient un hub logistique, relationnel et expérientiel au service de l’ensemble du parcours.

Les enseignes les plus avancées ont systématisé quelques services clés :

Chez un distributeur de produits culturels, le passage de 0 à 40 % des commandes livrées via les magasins (click & collect + ship-from-store) a permis :

La condition ? Traiter ces services comme une vraie réorganisation métier, pas juste une brique IT. Cela implique :

Remettre le vendeur au centre du jeu omnicanal

Paradoxe : plus le parcours se digitalise, plus le rôle du vendeur devient stratégique. Il n’est plus seulement là pour vendre, mais pour orchestrer l’expérience, quel que soit le point de départ.

Trois équipements sont devenus des standards :

Un directeur de réseau dans la beauté résume l’impact : « Quand mes vendeuses voient que la cliente a commandé deux fois la même crème anti-âge sur le site, elles ne démarrent pas la conversation par “Vous connaissez ce produit ?”, mais par “Vous êtes satisfaite des résultats ? Venez, je vous montre la nouveauté de la même gamme.” Le taux de transformation explose. »

Mais sans formation, les meilleurs outils restent sous-utilisés. Les enseignes qui obtiennent de vrais résultats :

Simplifier l’expérience compte client et fidélité

Autre zone de friction classique : la gestion du compte client. Combien d’enseignes cumulent encore un compte web, une carte de fidélité magasin, une base CRM email… non synchronisés ?

Pour le client, cela se traduit par :

Les stratégies gagnantes reposent sur quelques principes simples :

Un spécialiste du sport a ainsi fusionné en un an 2,3 millions de comptes dupliqués (web vs magasin), grâce à une campagne progressive de rapprochement d’identités (incitation à lier les comptes via avantages ponctuels). Résultat : une meilleure connaissance client, et une hausse de +18 % du chiffre d’affaires moyen par client omnicanal par rapport aux clients mono-canal.

Fluidifier le paiement et le retrait : là où se joue la décision

Le moment du paiement et du retrait cristallise souvent les frustrations : formulaires interminables, options de livraison peu lisibles, files d’attente en magasin… Or, la décision d’achat se joue très souvent là.

Côté paiement, quelques leviers rapides :

Côté retrait et livraison :

Une chaîne d’électronique a réduit de 40 % les abandons de panier en retravaillant uniquement sa page de choix de livraison/retrait : moins d’options visibles, mais mieux expliquées, avec un pré-sélection automatique de l’option la plus rapide et la moins chère.

Mettre la data au service de la personnalisation… sans perdre le client

La promesse de l’omnicanal, c’est aussi la personnalisation : recommandations pertinentes, offres adaptées, contenu utile. Mais la frontière entre « service » et « intrusion » est fine.

Les bonnes pratiques observées chez les retailers qui s’en sortent bien :

Exemple concret : une enseigne de décoration a testé l’envoi d’une suggestion de produits complémentaires 48 heures après un achat web (par exemple : housses et coussins après l’achat d’un canapé). Résultat : +9 % de chiffre d’affaires additionnel sur la cible test, et surtout un taux de désabonnement très faible, car la proposition était perçue comme utile et non invasive.

Le point de vigilance ? Ne pas pousser des offres qui entrent en conflit avec ce que voit le client en magasin (prix, disponibilité). D’où l’importance, encore une fois, d’une base de données unifiée et d’une gouvernance claire entre marketing central, e-commerce et réseau.

Aligner l’organisation et les KPIs pour éviter la guerre des canaux

On parle souvent technologie quand il s’agit d’omnicanal. Mais l’un des principaux freins reste organisationnel : chaque canal défend son périmètre, ses objectifs, son P&L. Résultat : concurrence interne, expérience client hachée.

Quelques leviers pour sortir de cette logique :

Un acteur textile a ainsi réintégré dans les objectifs des magasins l’ensemble des ventes livrées à partir de leur stock, même si la commande était passée en ligne. En un trimestre, l’attitude des équipes a changé : les commandes web ne sont plus vues comme de la « concurrence », mais comme un flux supplémentaire à capter et à servir correctement.

Tester, mesurer, industrialiser : une démarche par étapes

Penser omnicanal, ce n’est pas lancer un « big bang » sur 18 mois. Les projets qui réussissent le mieux adoptent une logique d’itération :

Un distributeur d’articles de sport a ainsi testé le scan de produits en rayon via l’app mobile (pour vérifier les tailles disponibles, voir les avis, commander en ligne avec livraison à domicile) dans seulement 10 magasins pendant 3 mois. Résultat :

Ce n’est qu’après ajustement de la signalétique, de la formation des vendeurs et de l’ergonomie de l’app que le dispositif a été étendu au réseau entier.

À retenir : les 7 chantiers prioritaires pour réduire la friction omnicanale

Réduire la friction entre online et offline n’est pas une option cosmétique : c’est un levier direct sur le chiffre d’affaires (moins d’abandons), sur l’efficacité opérationnelle (moins de doublons, moins de SAV) et sur la fidélité (expérience cohérente, donc rassurante). Les enseignes qui prennent ce virage de manière méthodique, en partant du terrain et des cas d’usage concrets, transforment progressivement leur omnicanal d’un sujet « projet » en réflexe quotidien, partagé par le siège comme par les équipes en point de vente.

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